Le développement

Les difficiles années d'après- guerre

La station en 1945 recrute une nouvelle génération d'employés, elle recrute ainsi en 1947, un jeune et brillant ingénieur Monsieur Albert Nérou, comme chef d'exploitation de la crémaillère et directeur technique. Son importance sera d'une influence décisive pour l'avenir de la station, c'est lui qui en fera une station moderne. Il a été un précurseur dans le domaine des remontées mécaniques. Le directeur de l'époque M. BAUTE ingénieur de la Cie du Midi quitte la station pour occuper un poste important à la SNCF, il est remplacé par M. CORNET directeur du chemin de fer et par M. DELSOL à la direction de la station.

Durant des années la station va être administrée selon le plan prévu en 1951 par le PDG de la CFHMP : Monsieur Stéphane CHASLES.

Mais alors que le trafic du train reprend (avec des pics à plusieurs milliers de voyageurs par mois) et la fréquentation de l'hôtel également, le dimanche 28 février 1954, une catastrophe sans précédent dans l'histoire de la ville a lieu : une rame descendante du train déraille, le bilan est lourd : 9 morts et des dizaines de blessés. De plus, la direction de l'époque de la CHM cumule les résultats passables en privilégiant l'élitisme de la clientèle et les mauvaises années d'enneigement n'améliorent rien.




Le boum des années 60:

Le grand Hôtel est un établissement de grand luxe, il y a en permanence un médecin, un masseur, un coiffeur, un orchestre et une somptueuse salle de bal, ainsi que de magnifiques salles de réception, sans oublier une salle de cinéma. La cuisine de l'hôtel était  irréprochable, très prisée par les touristes, les cuisines étant ravitaillées tous les jours par le train. L'ensemble du plateau faisant 4 hectares. Le trafic du train connaît lui aussi une nouveau boum. Organisée par Monsieur NEROU sous l'égide de Monsieur JEUX, la station devient progressivement la rivale de Chamonix pour le titre de meilleure station de France. Grâce à M. JEUX a lieu à Superbagnères de nombreux galas et dîners dont l'élection de Miss France, la réception du congrès national des Charbonnages de France, précédée d'un dîner de 900 couverts servi au casino, congrès annuel des concessionnaires MAC- CORMICK avec une soirée de gala de Roger PIERRE et Jean Marc THIBAUT… A la même période a lieu le festival des Voix d'Or avec gala au casino et au Grand- Hôtel nécessitant un service de nuit de la Crémaillère. La société SIMCA avait également choisi Superbagnères pour présenter son nouveau modèle : l'Océane qui fut acheminée prudemment par le chemin de fer.


L'aménagement des pistes devient vraiment conséquent (se rapprochant de la forme actuelle), de nouvelles sont ouvertes, et l'atelier de mécanique de la gare de Luchon fabrique de nouvelles remontées conçues par M. Nérou, qui invente une technique révolutionnaire dans le monde de la remontée mécanique : le virage par poulie en biais. Les téléskis ne sont plus obligés de suivre une ligne droite, mais des courbes sont possibles. La montagne du Céciré est aménagée grâce à un télébenne créée avec des poteaux de caténaire à l'instar de la piste record par l'atelier du train à crémaillère.

Cependant, en 1960 la municipalité de Luchon, peu soucieuse d'aider la ligne de chemin de fer de la CHM décide de la construction d'une route entre Luchon et Superbagnères (réalisée en 1961- 62 en remplacement de la première route forestière impraticable), la clientèle de l'époque se rue alors sur l'occasion de profiter de sa première voiture pour gravir les 1200 mètres de dénivelé séparant Luchon de Superbagnères. De ce fait la clientèle boude le chemin de fer.
Monsieur Nérou avait dès 1957 prévu une modernisation du chemin de fer avec des automotrices très rapides (semblables à celles qui circulent aujourd'hui au Montenvers), qui lui fut refusée par la direction. La crémaillère ainsi utilisée devint inévitablement moins rentable, toutefois elle réussit à augmenter son trafic d'hiver, la conduite sur neige ayant effrayé beaucoup d'automobilistes. La vente de la crémaillère intéresse de plus en plus la direction qui décide finalement la suppression du trafic en 1966 pour des raisons techniques et économique.

Il fut envisagé à l'époque de réinvestir l'argent de la vente dans la réalisation d'un télébenne des Granges de Gouron à Artigue- Ardounne et également un vers le lac d'Oô.

Face à l'affluence des touristes, la CHM décida la construction d'un second hôtel, l'Aneto pour accroître la capacité d'accueil du plateau, c'est le train qui a effectué le transport des matériaux, réalisant là sa dernière mission d'envergure pour la station. De plus, Monsieur NEROU conclut en plus de ses brevets, un partenariat avec la société POMAGALSKY. L'atelier de Luchon devient concessionnaire de POMA, s'en suit la création du " département mécanique ". La première dameuse, fait son apparition vers 1970 à Superbagnères.
Hélas pour la station, le train fut finalement vendu. Depuis la vente du matériel, le site continua à tourner et même très bien durant quelques années et, à se développer, mais un élément important avait disparu. Les responsables de l'époque (excepté Monsieur NEROU peut -être) n'avaient pas compris que le moyen de transport allait devenir un attrait touristique : la Rhune compte aujourd'hui plusieurs dizaine de milliers de voyageurs transportés en six mois d'ouverture !

Les années 1970 virent le sacre des sœurs Lafforgue championne du monde et championne Olympique, leur retour triomphal suscita la liesse populaire des Luchonnais, qui les accueillirent avec grande fierté sur le parvis de la mairie en compagnie du maire, Monsieur Alfred Coste- Floret.
Monsieur NEROU devint Directeur Général de la CHM.


Alban et André LEYMARIE, Histoire de Superbagnères  ©Editions LACOUR- OLLE



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